Nous avons célébré le 30 aoûtla commémoration de la mort du légendaire écrivain égyptien Naguib Mahfouz, lauréat du Prix Nobel de littérature en 1988.
Auteur de 34 romans, de plus de 350 nouvelles, de cinq pièces de théâtre et des dizaines de scénarios de films, Mahfouz était sans aucun doute l'écrivain le plus prolifique de tous les temps.
La carrière littéraire de Naguib Mahfouz se confond avec l’histoire du roman moderne en Egypte et dans le monde arabe. Au tournant du XXe siècle, le roman arabe fait ses premiers pas dans une société et une culture qui découvrent ce genre littéraire à travers la traduction des romans européens du XIXe siècle. Pour autant, pour Naguib Mahfouz, une société aussi forte et aussi ancienne que la société égyptienne, ayant conservé des traditions millénaires tout en se modernisant, peut s'approprier et intégrer, sans crainte, quelques aspects de la culture occidentale. Car cet écrivain s'est mis surtout, dans son œuvre, à l'écoute de ce peuple égyptien, de ses aventures intimes comme de son histoire.
En 1950, il commence la Trilogie du Caire qui se révèle son œuvre la plus importante. Dans cet ensemble de plus de mille cinq cents pages, chaque roman porte le nom des rues où Mahfouz a passé sa jeunesse : Impasse des deux palais(Bayn al-Qasrayn), Le Palais du désir (Qsar al-Shawq), Le Jardin du passé (Al-Sokkariyya). Il y décrit la vie d'un patriarche et de sa famille au Caire pendant une période qui va de la Première Guerre mondialejusqu'au renversement du roi Farouk. Par le nombre des personnages et la richesse de l'étude sociale, Mahfouz rappelle des prédécesseurs dans le genre romanesque comme Honoré de Balzac, Charles Dickens, Léon Tolstoïou John Galsworthy. Il termine cet ouvrage juste avant la révolution de1952, il délaisse l’écriture romanesque pour le scénario, forme d’écriture moins noble mais mieux rémunérée.